Mots du libraire

  • Apeirogon

    Colum Mccann

    • Belfond
    • 27 Août 2020

    Rentrée littéraire 2020Apeirogon, n.m. : figure géométrique au nombre infini de côtés.
    Rami Elhanan est israélien, fils d'un rescapé de la Shoah, ancien soldat de la guerre du Kippour ; Bassam Aramin est palestinien, et n'a connu que la dépossession, la prison et les humiliations.
    Tous deux ont perdu une fille. Abir avait dix ans, Smadar, treize ans.
    Passés le choc, la douleur, les souvenirs, le deuil, il y a l'envie de sauver des vies.
    Eux qui étaient nés pour se haïr décident de raconter leur histoire et de se battre pour la paix.
    Afin de restituer cette tragédie immense, de rendre hommage à l'histoire vraie de cette amitié, Colum McCann nous offre une oeuvre totale à la forme inédite ; une exploration tout à la fois historique, politique, philosophique, religieuse, musicale, cinématographique et géographique d'un conflit infini. Porté par la grâce d'une écriture, flirtant avec la poésie et la non-fiction, un roman protéiforme qui nous engage à comprendre, à échanger et, peut-être, à entrevoir un nouvel avenir.

    Delamain numérique aime !

    Prix Montluc résistance et liberté 2021

  • Les vilaines

    Camila Sosa Villada

    La Tante Encarna porte tout son poids sur ses talons aiguilles au cours des nuits de la zone rouge du parc Sarmiento, à Córdoba, en Argentine. La Tante - gourou, mère protectrice avec des seins gonflés d'huile de moteur d'avion - partage sa vie avec d'autres membres de la communauté trans, sa sororité d'orphelines, résistant aux bottes des flics et des clients, entre échanges sur les derniers feuilletons télé brésiliens, les rêves inavouables, amour, humour et aussi des souvenirs qui rentrent tous dans un petit sac à main en plastique bon marché.

    Une nuit, entre branches sèches et roseaux épineux, elles trouvent un bébé abandonné qu'elles adoptent clandestinement. Elles l'appelleront Éclat des Yeux.

    Premier roman fulgurant, sans misérabilisme, sans auto-compassion, Les Vilaines raconte la fureur et la fête d'être trans. Avec un langage qui est mémoire, invention, tendresse et sang, ce livre est un conte de fées et de terreur, un portrait de groupe, une relecture de la littérature fantastique, un manifeste explosif qui nous fait ressentir la douleur et la force de survie d'un groupe de femmes qui auraient voulu devenir reines mais ont souvent fini dans un fossé. Un texte qu'on souhaite faire lire au monde entier qui nous rappelle que « ce que la nature ne te donne pas, l'enfer te le prête ».

    Delamain numérique aime !

    Un premier roman remarquable, baroque et incandescent. On le lit avec les tripes, le visage noyé de larmes, le coeur inondé de joie et la tête dans les étoiles.    

  • Entre corps érotisé et corps souffrant, magie de la scène et coulisses des douleurs, Chavirer raconte l'histoire de Cléo, jeune collégienne rêvant de devenir danseuse, tour à tour sexuellement piégée par une pseudo Fondation de la vocation, puis complice de ses stratégies de "recrutement". Trente ans plus tard, alors qu'elle-même a fait carrière - des plateaux et coulisses de Champs-Elysées à la scène d'une prestigieuse "revue" parisienne -  l'affaire ressurgit. Sous le signe des impossibles pardons, le personnage de Cléo se diffracte et se recompose à l'envi, au fil des époques et des évocations de celles et ceux qui l`ont côtoyée, aimée, déçue ou rejetée.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Depuis son premier roman, Lola Lafon impressionne par sa puissance, sa maîtrise narrative et sa langue au cordeau. A chaque nouvel opus, on pense qu’elle a atteint le sommet, mais elle arrive toujours à nous couper le souffle. Chavirer est un livre exceptionnel, une histoire elliptique admirablement construite qui interroge les mécanismes du traumatisme sur 30 ans de la vie d’un personnage – inoubliable Cléo. Pas une phrase de trop, pas un mot qui n’a pas sa place, pas une page qu’on ne se prend pas en pleine figure : grandiose.

  • Art nouveau

    Paul Greveillac

    1896. Lajos Ligeti, apprenti architecte, quitte Vienne pour Budapest. Porté par le rêve de bâtir, il découvre une capitale vieillotte et endormie où tout est à faire.
    Pour construire la ville, il faut séduire patrons et donneurs d'ordre. Manoeuvrer contre des concurrents redoutables dont Budapest est la chasse gardée.
    Inspiré par sa muse Katarzyna, épaulé par le rusé maître d'oeuvre Barnabás Kocsis, Lajos Ligeti s'obstine. Parviendra-t-il à imposer son style visionnaire, à donner corps, par ses créations de béton, à un art nouveau?
    Étranger, juif, verra-t-il venir les précipices?

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Une fresque romanesque palpitante qui nous plonge à Budapest, sur les traces d’un apprenti architecte, Lajos Ligeti. A travers le destin tragique de ce bâtisseur à l’aube du 20ème siècle, Paul Greveillac nous fait redécouvrir la Sécession Hongroise. Après Maître et Esclave, l’auteur signe un nouveau tour de force et ressuscite avec brio les grandes heures de l’Art Nouveau où l’on croise, entre autre, Odon Lechner ou Egon Schiele. A découvrir absolument !

  • Paula ou personne

    Patrick Lapeyre

    C'est l'innocence du hasard qui donne à une rencontre son caractère fatal et stupéfiant.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Après La Splendeur de l’herbe, l’auteur de La vie est brève est le désir sans fin, prix Fémina 2010, signe son grand retour ! Dans Paula ou personne, Patrick Lapeyre confirme son talent, rare, de raconter la rencontre amoureuse et l’intensité d’une passion dévorante. Transporté par une "fièvre érotique et philosophique", ce roman explore les prémices d’une passion, non sans humour, parfois avec gravité mais toujours avec cette tendresse qui habite l’oeuvre de Patrick Lapeyre. Un très grand moment de lecture ! 

  • Rentrée littéraire 2020.

    Il est aussi rare de trouver des inédits de grands écrivains disparus que des textes de grands auteurs étrangers qui ne soient pas encore traduits. Ces deux éléments sont exceptionnellement réunis dans ce volume qui rassemble un roman inachevé de Joseph Roth, exhumé en 1978, soit près de quarante ans après sa mort, et huit nouvelles qui n'ont encore jamais paru en français. C'est dire l'importance de cet ensemble, qui vient enrichir l'oeuvre de l'un des romanciers majeurs du XXe siècle.
    Perlefter, histoire d'un bourgeois est le portrait éblouissant d'un conformiste. Homme tiède, hypocrite, incapable d'aimer ou de haïr, égoïste, pingre et pétri de peurs, cet affairiste se montre prêt à toutes les compromissions dès lors qu'elles servent ses intérêts. Il sait s'adapter à tous les régimes, la monarchie comme la république, mais redoute la révolution et toute forme de désordre susceptible de nuire à sa réussite. Perlefter est le prototype de ces opportunistes qui, le moment venu, soutiendront sans scrupules Hitler et son régime.
    Roman politique et social, Perlefter, histoire d'un bourgeois offre une fascinante étude de caractères, comme chacune des nouvelles ici magnifiquement restituées par Pierre Deshusses. On y retrouve l'une des caractéristiques de Joseph Roth : la nostalgie d'un monde perdu, avec cette tension constante entre le passé et le présent. Mais si l'auteur de La Marche de Radetzky refuse l'exaltation du progrès et de la modernité, il n'idéalise pas pour autant cet univers disparu et fait preuve à son égard d'une grande lucidité critique, y décelant des germes de violence et de brutalité annonciateurs du pire.
    La force de ces récits tient aussi à l'écriture de Roth : ce style si particulier et si bien rythmé où alternent évocations sensorielles et pointes philosophiques, satire et paradoxes.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Quel plaisir de découvrir des textes inédits du grand Joseph Roth ! Découvert en 1978 et jamais traduit jusqu’à présent, Perlefter et les nouvelles qui l’accompagnent sont un véritable délice ! Quoiqu'inachevé, on retrouve dans cette Histoire d’un bourgeois, l’humour, la satire et le regard unique et propre à l’écrivain autrichien sur la société, le monde d’hier, la Galicie qu’il n’a jamais cessé de raconter. C’est assurément la plus belle surprise et l’un des livres les plus importants de cette rentrée littéraire !

  • « Ici repose pour l'éternité Joseph Bernstein, le rabbin des produits vintage. Si vous allez au Paradis, faites appel à lui pour une paire d'ailes bonnes et pas chères, story included. Si vous vous retrouvez en Enfer, des cornes et des sabots comme chez lui, vous n'en trouverez nulle part. »
    Voici une famille de Juifs américains, les Bernstein, qui a réussi à Washington DC dans les années 1990 grâce au commerce en gros de vêtements vintage. Persuadés que tout, désormais, des habits aux idées en passant par les sentiments, est plus ou moins de « seconde main », ils s'efforcent de ne voir dans le passé qu'une valeur ajoutée.
    Soixante ans plus tôt, de l'autre côté de l'Atlantique, les Oxenberg achèvent de se hisser parmi la bonne société de la ville de Iasi, dans l'étrange royaume de Roumanie. Jacques Oxenberg, dont on vante « les doigts beethovéniens », est le meilleur obstétricien de la région. Il vient d'offrir une auto à son épouse, laquelle lui a donné deux beaux enfants. Un gramophone égaye les soirées de leur jolie maison, mais dehors... les voix rauques de la haine commencent à gronder.
    Lorsque la riche Dora Bernstein et son fils Ben se rendront à Iasi, durant l'été de 2001, les deux histoires se rejoindront, entre secrets de famille et zones d'ombre de la mémoire collective.
    Catalin Mihuleac, né en 1960 à Iasi, dans le nord-est de la Roumanie, a travaillé une demi-douzaine d'années en tant que géologue. À la chute du régime communiste, il a entamé une carrière de journaliste, tout en publiant ses premiers textes satiriques. La parution de son roman Les Oxenberg & les Bernstein fut un événement en Roumanie, ainsi qu'en Allemagne où l'on a salué sa très grande originalité et sa force narrative imparable pour évoquer l'un des plus grands tabous de l'histoire roumaine contemporaine, le pogrom de Iasi.

    La Librairie Delamain aime

    Un texte flamboyant bourré d’humour et d’auto-dérision qui brosse le portrait de deux familles dont les destins seront liés pendant près de 60 ans. Entre secrets de famille et mensonges, Catalin Mihuleac navigue entre les Etats Unis et la Roumanie et révèle un fait historique tabou et encore trop méconnu de nos jours : le pogrom de Iasi qui a eu lieu en 1941 en Roumanie. La force narrative et l’écriture captivante font de ce roman, traduit admirablement par Marily Le Nir, un texte incontournable de cette rentrée !

  • Le fils, c'est André. La mère, c'est Gabrielle. Le père est inconnu.
    André est élevé par Hélène, la soeur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille.
    Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils sonde le coeur d'une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences.
    Avec ce nouveau roman, Marie-Hélène Lafon confirme la place si particulière qu'elle occupe aujourd'hui dans le paysage littéraire français.
    Marie-Hélène Lafon est professeur de lettres classiques à Paris. Tous ses romans sont publiés chez Buchet/Chastel.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    180 pages.. Et Marie-Hélène Lafon nous livre une saga familiale d'une exceptionnelle densité. Un vrai tour de force, d'une finesse propre à l'autrice, qui dévoile les non-dits et secrets de famille.  sans nul doute le meilleur texte de la GRANDE Marie-Hélène Lafon !

  • Dans un petit village des fjords de l'ouest, les étés sont courts. Les habitants se croisent au bureau de poste, à la coopérative agricole, lors des bals. Chacun essaie de bien vivre, certains essaient même de bien mourir. Même s'il n'y a ni église ni cimetière dans la commune, la vie avance, le temps réclame son dû.
    Pourtant, ce quotidien si ordonné se dérègle parfois  : le retour d'un ancien amant qu'on croyait parti pour toujours, l'attraction des astres ou des oiseaux, une petite robe en velours sombre, ou un chignon de cheveux roux. Pour certains, c'est une rencontre fortuite sur la lande, pour d'autres le sentiment que les ombres ont vaincu - il suffit de peu pour faire basculer un destin. Et parfois même, ce sont les fantômes qui s'en mêlent...
    En huit chapitres, Jón Kalman Stefánsson se fait le chroniqueur de cette communauté dont les héros se nomment Davíð, Sólrún, Jónas, Ágústa, Elísabet ou Kristín, et plonge dans le secret de leurs âmes. Une ronde de désirs et de rêves, une comédie humaine à l'islandaise, et si universelle en même temps. Lumière d'été, puis vient la nuit charme, émeut, bouleverse.
    Traduit de l'islandais par Éric Boury

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Plongez au coeur d’un village Islandais figé dans le temps, faites connaissance avec ses habitants, leurs questionnements et leurs secrets… Dans ce roman nous retrouvons tout ce qui fait le charme de Stefansson : sa sensibilité, son intérêt et son attrait pour la nature humaine, le tout sublimé par une écriture et un style doux, qui rend ce roman d’une pure et implacable délicatesse. Plus qu’un roman, une véritable comédie humaine.

  • L'Autre Rimbaud

    David Le Bailly

    La photo est célèbre. C'est un premier communiant, cheveux sagement ramenés sur le côté, regard qui défie l'objectif. Il s'appelle Arthur Rimbaud. Mais sur le cliché d'origine posait aussi son frère aîné, Frédéric. Cet autre Rimbaud a été volontairement supprimé de l'image. Comme il fut " oublié par la plupart des biographes.
    Pourtant, les deux frères furent d'abord fusionnels, compagnons d'ennui dans leurs Ardennes natales. Puis leurs chemins se séparèrent. L'un a été élevé au rang de génie, tandis que l'autre, conducteur de calèche, fut banni par sa famille, effacé de la correspondance d'Arthur et dépossédé des droits sur l'oeuvre.
    En quoi était-il si gênant ce frère ? Pourquoi une telle conspiration familiale ?
    On croyait tout savoir du plus célèbre des poètes. Il restait encore une part d'ombre.
    Auteur de La Captive de Mitterrand, qui fut un succès critique et public, David Le Bailly signe ici un roman singulier, où la fiction se mêle à l'enquête. Il raconte, interroge, imagine et dissèque avec talent la mécanique implacable des secrets de famille.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Après La captive de Mitterrand, David le Bailly nous parle d’une nouvelle figure oubliée : Frédéric Rimbaud, le frère du génie poète Arthur Rimbaud. Un ouvrage singulier entre roman et enquête ou l’auteur nous dévoile les secrets d’une famille complexe et déchirée. David le Bailly nous décrit avec justesse le monde rural et l’époque dans laquelle les frères ont évolué, et redonne ses lettres de noblesse à ce frère complètement occulté par l’Histoire.

  • Qui était Emily Dickinson  ? Plus d'un siècle après sa mort, on ne sait encore presque rien d'elle. Son histoire se lit en creux  : née le 10 décembre 1830 dans le Massachusetts, morte le 15 mai 1886 dans la même maison, elle ne s'est jamais mariée, n'a pas eu d'enfants, a passé ses dernières années cloîtrée dans sa chambre. Elle y a écrit des centaines de poèmes - qu'elle a toujours refusé de publier. Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des figures les plus importantes de la littérature mondiale.
     
    À partir des lieux où elle vécut - Amherst, Boston, le Mount Holyoke Female Seminary, Homestead -, Dominique Fortier a imaginé sa vie, une existence essentiellement intérieure, peuplée de fantômes familiers, de livres, et des poèmes qu'elle traçait comme autant de voyages invisibles. D'âge en âge, elle la suit et tisse une réflexion d'une profonde justesse sur la liberté, le pouvoir de la création, les lieux que nous habitons et qui nous habitent en retour. Une traversée d'une grâce et d'une beauté éblouissantes.
    Prix Renaudot essai 2020

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Aujourd’hui Emily Dickinson est l’une des plus grandes figures féminines de la littérature. A l’instar de beaucoup d’autres auteurs de son époque, nous ne savons que peu de choses à son sujet : née en 1830 et morte en 1886, elle ne s’est jamais mariée et n’a pas eu d’enfants. A partir des endroits qu’elle à fréquentés, Dominique Fortier a imaginé sa vie, faite de fantômes, de feuillets de papier et surtout d’un imaginaire développé et foisonnant. Ce magnifique roman que nous offre Dominique Fortier est d’une douceur, d’une beauté et d’une poésie incommensurables.

  • On part en montagne pour éprouver la solitude, pour se sentir minuscule face à l'immensité de la nature. Nombreux sont les imprévus qui peuvent se présenter, d'une rencontre avec un cerf au franchissement d'une forêt déracinée par le vent.
    Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute dans le vide. Derrière lui, un autre homme donne l'alerte. Or, ce ne sont pas des inconnus. Compagnons du même groupe révolutionnaire quarante ans plus tôt, le premier avait livré le second et tous ses anciens camarades à la police. Rencontre improbable, impossible coïncidence surtout, pour le magistrat chargé de l'affaire, qui tente de faire avouer au suspect un meurtre prémédité.
    Dans un roman d'une grande tension, Erri De Luca reconstitue l'échange entre un jeune juge et un accusé, vieil homme 'de la génération la plus poursuivie en justice de l'histoire d'Italie'. Mais l'interrogatoire se mue lentement en un dialogue et se dessine alors une riche réflexion sur l'engagement, la justice, l'amitié et la trahison.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    La montagne, la solitude, le calme, le besoin de se recentrer sur soi et de se retrouver… se sentir minuscule face à l’imposante immensité de la nature qui nous entoure … Les imprévus… un homme qui bascule dans le vide, être au mauvais endroit au mauvais moment… Erri de Luca revient avec un roman fort, qui retrace l'interrogatoire d’un jeune juge et d’un homme au lourd passé judiciaire. Un véritable choc générationnel; entre incompréhension, et trahison, la lecture d’Impossible est intense !

  • Un après-midi d'hiver de 1980, en plein coeur de Londres, Elise Morceau rencontre Constance Holden et tombe instantanément sous son charme. Connie, audacieuse et magnétique, est une écrivaine à succès dont le dernier roman va être adapté au cinéma par l'un des plus gros studios d'Hollywood. Elise suit Connie à Los Angeles, la ville par excellence du rêve et de l'oubli. Mais tandis que Connie s'enivre de l'énergie de cette nouvelle vie où tout le monde s'enveloppe de mensonges et tente d'atteindre les étoiles, Elise commence à perdre pied. Au cours d'une fastueuse soirée hollywoodienne, elle surprend une conversation qui l'entraînera à prendre une décision radicale qui pourrait bouleverser sa vie.
    Trois décennies plus tard, en 2017, Rose Simmons cherche des réponses sur sa mère, qui a disparu sans laisser de traces alors qu'elle n'était qu'un bébé. Rose a découvert que la dernière personne à l'avoir vue est Constance Holden, une écrivaine oubliée qui s'est retirée de la vie publique alors qu'elle était au sommet de sa gloire. Rose se retrouve irrépressiblement attirée sur la piste de Connie, en quête d'indices sur les secrets de son passé.
    Cette histoire lumineuse, au souffle romanesque puissant, nous emporte
    dans une quête d'identité remarquablement orchestrée. Au travers de personnages énigmatiques et inoubliables, Jessie Burton nous dévoile les coulisses des milieux littéraire et cinématographique, ainsi que l'envers de la création artistique, de la fiction et de la maternité.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Le nouveau roman de Jessie Burton nous retrace l’histoire d’une femme en quête d’elle même, de son identité. Il nous révèle les secrets d’une famille enfouis pendant des années par un père brisé et encore dépassé. Un roman touchant et juste.

  • Clint et moi

    Eric Libiot

    Éric Libiot aime Clint Eastwood depuis toujours. Son cinéma, ses grognements, son regard, ses coups de gueule. Mais il l'agace également à cause de ses prises de position, de sa passion pour le .44 Magnum, de son respect pour le drapeau étoilé.
    Comment Clint peut-il jouer Dirty Harry et réaliser Sur la route de Madison ? Comment peut-il interpréter les machos et célébrer Charlie Parker dans Bird ? C'est ce mystère qu'Éric Libiot, grand cinéphile, tente de percer.
    Il raconte « son » Clint Eastwood et, parce que le 7e art touche à l'intimité de chacun, en vient à se raconter lui-même. Balade vagabonde et érudite, autoportrait en creux et leçon de cinéma : Clint et moi renouvelle le genre de la déclaration d'amour.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Du plus loin qu’il s’en souvienne Eric Libiot a toujours admiré Clint Eastwood. Il aime tout ou presque, son regard, ses mimiques d’acteur qui le rende si singulier, sa « seule »… Dans Clint et moi, l’auteur nous parle d’un homme qu’il admire. Plus qu’une biographie, c’est l’histoire personnelle d’une rencontre. Un merveilleux témoignage, une magnifique déclaration d’amour au 7ème art.

  • Sandor est perplexe.

    Est-ce que j'attire les fous, ou bien est-ce moi qui cherche leur compagnie ?

    Dès qu'il sort de chez lui, ces corps errants l'abordent et s'accrochent à sa personne, faisant de lui le dépositaire de leurs récits extravagants. Il y a Dédé, le fou météo. Laetitia et ses visions étranges. Madame Brandoux, qui jure toute la journée contre le monde entier. Et bien d'autres encore.

    Sandor se demande s'il n'est pas fou lui-même. D'autant que Constance, sa fille, est atteinte d'une terrible maladie psychique qui l'isole du reste du monde...

    Avec sensibilité, avec humour, avec désespoir, Jean-Pierre Martin raconte ceux qui butent, qui penchent, qui chantent la journée et hurlent la nuit.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    La vie de Sandor est habitée par des fous : son père, sa fille, et puis ceux de son quartier, ceux qu'il croise dans le bus ou au parc. Il les écoute et les observe avec une tendresse jamais niaise, une bienveillance jamais obscène.  De la schizophrénie paranoide dont sa fille est atteinte au voisin obsédé par la météo, il assiste impuissant à toutes les formes de "folie ordinaire". Plutôt que de tenter de les comprendre, il choisit de les raconter, avec une confondante simplicité. Son regard désespéré et facétieux -car le livre ne manque pas d'humour- nous désarme et on se prend d'affection pour cette galerie de personnages fantasques.  Un roman profond et émouvant.

  • «  Je fus en grâce autant qu'en disgrâce. De l'un ou l'autre état les causes me furent souvent inconnues. À l'âge de quinze ans j'avais été placé au Collège royal, dans la classe de l'aîné des princes...  »
    Celui que le destin projette ainsi dans l'entourage du futur roi du Maroc, Hassan II, aurait tort de trop croire en son étoile et de ne mettre aucune borne à ses ambitions. Il n'est pas sans risque d'avoir systématiquement devancé un prince au tableau d'honneur.
    Attend-il d'être appelé au gouvernement  ? On l'envoie en exil. Se croit-il perdu à jamais  ? On le nomme historiographe du royaume, comme Racine sous Louis XIV, comme Voltaire sous Louis XV. Ce n'est pas pour déplaire à ce conseiller lettré, qui cultive une écriture d'un classicisme achevé.
    Mais il a appris à redouter dans toute faveur apparente un jeu dont il serait obscurément la proie. Et qu'adviendra-t-il de sa loyauté à toute épreuve, lorsqu'une insaisissable jeune femme viendra lui murmurer les secrets des rébellions qui s'organisent clandestinement dans le royaume  ?
    Une transposition virtuose des Mille et Une Nuits et des Mémoires de Saint-Simon au xxe siècle, qui nous fait revivre trente ans d'histoire du Maroc, entre le crépuscule du «  protectorat  » et le début des «  années de plomb  ».
     

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Écrit à la première personne sous les traits du futur conseiller du roi Hassan II, Maël Renouard nous dresse un portrait étonnant de 30 ans d’Histoire du Maroc. Au fil du temps se tissent des relations Particulières entre les deux hommes qui se côtoient depuis le collège royal. Entre loyauté, grâce, disgrâce et coup d’état, L’historiographe du royaume est un roman passionnant pleins de détails sur cette période trouble du pays. Un grand roman, brillant, et une écriture remarquable.

  • Août 1992. Une vallée perdue quelque part à l'Est, des hauts fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a 14 ans, et avec son cousin, ils s'emmerdent comme c'est pas permis. C'est là qu'ils décident de voler un canoë pour aller voir ce qui se passe de l'autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence. Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d'une vallée, d'une époque, de l'adolescence, le récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt, cette France de l'entre-deux, celle des villes moyennes et des zones pavillonnaires, où presque tout le monde vit et qu'on voudrait oublier.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    A travers le récit elliptique de quatre étés dans la vie d'un garçon en province dans les années 90, Nicolas Mathieu évoque l'ennui, la frustration, la déception, mais aussi l'espoir de toute une génération. On nait, on vit, on veut tout casser, on échoue, on fait avec, on fait sans, on meurt déçu, et la génération suivante remet ça. Nicolas Mathieu a su saisir avec une justesse sidérante ces vies moyennes, de la classe moyenne, de la France moyenne, ces vies de rien où tout est grave et rien n'est simple, ces vies rendues fragiles par des années de négligence politique et sociale. Des vies auxquelles la littérature rend un corps, une âme, une place. Ils sont rares, les romans qui font autant sens que celui-là...

  • À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C'est l'histoire d'un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c'est qu'il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d'Apollinaire et les chansons de Trenet. C'est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l'odeur de la mer.
    Par la magie d'une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de boeufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Prodigieux premier roman, où la forme et le fond sont en harmonie et créent un rythme lancinant. C'est beau comme du Prévert, intelligent comme du Linhart, absurde comme les Temps Modernes de Chaplin, c'est un objet littéraire unique et percutant.

  • Les démons

    Simon Liberati

    • Stock
    • 26 Août 2020

    Dans la somnolence magique de leur domaine familial, Serge, Alexis et Taïné traînent leur désoeuvrement. Taïné a la beauté empoisonnée d'un tableau préraphaélite ; Serge est un prince des ténèbres ; quant à Alexis, le plus jeune et le plus fou, il se jette à corps perdu dans l'amour et la provocation. La séduction de leur jeunesse tourne à la cruauté muette. La tragédie frappe cette fratrie en ce printemps 1967, et accélère la bascule vers une époque nouvelle : celle, pop et sensuelle, de la drogue, du plaisir et de la guerre du Viêt Nam.
    Après l'accident, Taïné soigne son visage défiguré à New York, où elle croise Truman Capote, l'auteur des De sang-froid, suit Andy Warhol et sa bande, et son amoralité naturelle enflamme une vie nocturne, excentrique, libre.
    Donatien, l'ami de la famille aux mains d'assassin, promène son audace chez Paul Morand, Marie Laure de Noailles, Louis Aragon et Elsa Triolet aux ombres frêles, dans un Saint-Germain-des-Prés qui danse et qui jouit. 
    Nonchalants et fantasques, ces démons sont de ceux qui sont trop beaux et trop aimés de la fortune. Entre Paris, Cannes et Bangkok, ils rêvent d'écrire ou, à défaut, se contentent d'être des héros.
    Un roman d'une ambition rare, mêlant l'intrigue balzacienne à l'hymne pop. L'esthétique de cet univers aussi glamour que brutal est une magnifique métaphore de la capacité ou de l'incapacité à créer.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Dans les années 60, une famille à noblesse décadente se cherche une place dans un monde artistique au venin envoûtant. Écartelés entre les mondanités, les drogues et une créativité qui ne prend jamais figure,  ces jeunes gens modernes se perdent dans un monde fragile et factice, persuadés que la débauche dont ils se gavent leur offrira enfin de l’imagination. Entre Andy Warhol, Truman Capote, jusqu’aux starlettes éphémères de la Croisette, entre Paris, Cannes, Bangkok, Simon Liberati nous emporte avec une écriture féline, sur les pas de cette jeunesse qui espère La Grande Vie, mais engloutie par sa vacuité, elle ne déterre que des démons.

  • C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le coeur de trois hommes. Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d'hommes en devenir.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Très beau roman social sur un père face à la dérive de son fils.  Loin de tout bon sentiment, Laurent Petitmangin explore le lien filial dans toute sa complexité et livre un texte profond sur l'engagement, l'amour et l'identité. Bouleversant.

  • Je m'appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s'est pas préparé. Française d'origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J'écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J'ai fait quatre ans de thérapie. C'est ma plus longue relation. L'amour, c'était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j'avais besoin et ce qu'il me manquait. Je m'appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.
    « Le monologue de Fatima Daas se construit par fragments, comme si elle updatait Barthes et Mauriac pour Clichy-sous-Bois. Elle creuse un portrait, tel un sculpteur patient et attentif... ou tel un démineur, conscient que chaque mot pourrait tout faire exploser, et qu'on doit les choisir avec un soin infini. Ici l'écriture cherche à inventer l'impossible : comment tout concilier, comment respirer dans la honte, comment danser dans une impasse jusqu'à ouvrir une porte là où se dressait un mur. Ici, l'écriture triomphe en faisant profil bas, sans chercher à faire trop de bruit, dans un élan de tendresse inouïe pour les siens, et c'est par la délicatesse de son style que Fatima Daas ouvre sa brèche. »
    Virginie Despentes
    Fatima Daas est née en 1995 à Saint-Germain-en-Laye. Ses parents, venus d'Algérie, se sont installés à Clichy-sous-Bois. Elle grandit dans la petite ville de Seine-Saint-Denis, entourée d'une famille nombreuse. Au collège, elle se rebelle, revendique le droit d'exprimer ses idées et écrit ses premiers textes. Elle se définit comme féministe intersectionnelle. La petite dernière est son premier roman.

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    LE buzz de la rentrée. Cela vous  agace ? Le mieux, c'est d'ouvrir le livre pour se faire une idée. Et il faut avouer que dès les premières pages, Fatima Daas nous empoigne et nous touche au coeur, par sa franchise déconcertante et son écriture incisive. Un texte puissant et juste auquel on prédit un bel avenir : il est fait pour être crié, joué, scandé, chanté... 

  • La chambre des dupes

    Camille Pascal

    • Plon
    • 27 Août 2020

    Après L'Été des quatre rois, couronné par le Grand Prix du roman de l'Académie française, Camille Pascal plonge le lecteur, dans ce roman de la Cour de Louis XV, au coeur des intrigues amoureuses, des cabales d'étiquette et des complots politiques d'un monde qui vacille. Première sélection du Prix Goncourt 2020. Camille Pascal nous fait entrer de plain-pied dans le Versailles de Louis XV pour y surprendre ses amours passionnés avec la duchesse de Châteauroux. Subjugué par cette femme qui se refuse pour mieux le séduire, le jeune roi lui cède tout jusqu'à offrir à sa maîtresse une place qu'aucune favorite n'avait encore occupée sous son règne. Leur histoire d'amour ne serait qu'une sorte de perpétuel conte de fées si Louis XV, parti à la guerre, ne tombait gravement malade à Metz...
    La belle Marie-Anne - adorée du roi, jalousée par la Cour, crainte des ministres et haïe par le peuple - devra-t-elle plier brusquement le genou face à l'Église et se soumettre à la raison d'État ?
    Rentrée littéraire 2020

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Avec son deuxième roman, Camille Pascal revient sur la vie oubliée d’une maîtresse de Louis XV : la duchesse de Châteauroux. Avec une précision historique impressionnante, l’auteur nous dévoile la perfidie d’une cour toujours plus avide de pouvoir et de privilèges, ambitions dévorantes qui auront des conséquences terribles sur Louis XV et la France. LE grand roman historique de la rentrée littéraire sur les splendeurs et les misères d’une favorite.

  • «  Sa finesse d'esprit est remarquable pour son âge et une fois qu'elle a décidé de faire quelque chose, elle s'efforce d'y parvenir par n'importe quel moyen et à n'importe quel prix.  »
    Érasme Brasca, ambassadeur de Venise
     
    Si elle est devenue une reine aux contours parfois insaisissables, c'est parce qu'Anne de Bretagne a servi trop de maîtres après sa mort. On la voudrait fidèle à la France parce qu'elle fut reine, fidèle à la Bretagne parce qu'elle est née bretonne, fidèle à son père parce qu'elle lui promit de ne jamais assujettir son duché, fidèle à son peuple qui comptait sur elle, fidèle à son époux - mais lequel  ? Charles VIII ou Louis XII -, fidèle à ses fils morts trop jeunes, fidèle à ses filles, comme elle éloignées du trône. Sa vie intense et fascinante, ses voyages et ses pèlerinages symboliques, contribuèrent à élaborer ce personnage mythique.
    Il est temps de retracer le portrait intime de cette femme de tête entourée d'hommes de pouvoir. Car, reine et duchesse, Anne de Bretagne fut aussi et d'abord une femme de son temps.

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    Si vous ne connaissez pas Anne de Bretagne, n'hésitez plus ! Seule reine de France couronnée deux fois, héritière du duché de Bretagne. A l'aube de la Renaissance, elle a su s'imposer à la tête du royaume de France. Une figure de l'Histoire à découvrir !

  • L'écriture de Laurine Roux, simple, rugueuse et âpre, dessine un monde à la lisière du merveilleux. Ses évocations très telluriques, glaciales, minérales, font remonter des scènes presque mythologiques : le grand Nord battu par les vents et la guerre, l'animal tapi en nous, ces terres où l'homme a les pieds dans la boue.
    Alors qu'elle vient d'enterrer Baba, sa grand-mère, et qu'elle arpente un monde à la croisée du réel et de l'imaginaire que traversent les plus curieuses légendes, une jeune fille, la narratrice, fait la rencontre d'un être sauvage, magnétique, étrange et taciturne, presque animal : Igor, qui livre du poisson séché à quelques vieilles femmes isolées dans la montagne. Avec lui elle connaîtra l'amour, décuplé par une nature étonnamment vivante et par tout ce que la jeunesse porte d'insolence.

    Cinquante ans auparavant, le pays fut ravagé par la guerre, ne laissant que des femmes et des enfants. Les survivants ayant voté pour le Grand-Oubli, seules les aïeules pourraient se souvenir, mais tout désir de mémoire en elles s'est tari.

    Avant de mourir pourtant, Baba délivre un secret à sa petite-fille : la vérité sur les " Invisibles ", ces créatures que les bonnes gens redoutent plus que tout. Elles ignorent encore combien le destin de la jeune fille sera lié à ces parias.

    Au fil du temps le mystère s'épaissit. Qui est Tochko, cet Invisible dont Igor paraît si proche ? Quel lien l'unit à la vieille Grisha, honnie de tous ? Précipitant les personnages dans la tourmente, une tempête poussera les uns et les autres aux confidences. Le roman alors se peuple de voix, de paroles remontées des temps anciens, laissant entrevoir un passage entre le monde des morts et celui des vivants, une porosité entre le passé, le présent et l'avenir.

    L'amour suffira-t-il à cette jeune fille pour affronter le trou noir de la guerre ? De quel secours lui sera-t-il, face à tout ce qui menace ?

    L'écriture de Laurine Roux, simple, rugueuse et âpre, dessine un monde à la lisière du merveilleux. Ses évocations très telluriques, glaciales, minérales, font remonter des scènes presque mythologiques : le grand Nord battu par les vents et la guerre, l'animal tapi en nous, ces terres où l'homme a les pieds dans la boue. Cette fable assez sombre est pourtant traversée par une très belle lumière, celle d'hommes et de femmes habités par une densité que l'on dirait millénaire, et dont chaque parole, chaque geste est plein de sens. Lumière d'une nature aussi austère que sublime, d'une vie qui n'est jamais si désirable que dans le côtoiement de la mort, lumière de l'amour enfin.

    Coup de coeur de la librairie Delamain

    Voilà un roman qui porte bien son titre car c'est vraiment la sensation qu'il nous reste une fois ce livre fermé. Mais avant tout on ne peut être que frappé par la beauté esthétique et stylistique de ce premier roman aux airs de conte. Au coeur du roman: la rencontre. Celle entre une femme et un refuge, entre une femme et son passé, entre une femme et un homme. Une pure merveille

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