Mots du libraire

  • ' Ils nous ont séparés de part et d'autre d'une ligne. Celui qui a quelque chose et celui qui n'a rien. Celui qui est fiable et celui qui est suspect. Je ne vivais pas bien, mais si j'étais sûre d'une chose, c'était que ça pouvait toujours être pire. '

    Dans ce qui ressemble au Venezuela de Maduro, de violentes manifestations sèment le chaos à Caracas. Adelaida Falcón vient de perdre sa mère. L'immeuble où elle habite se retrouve au coeur des combats entre jeunes opposants et forces de l'ordre. Expulsée de son logement, Adelaida se réfugie chez une voisine, une jeune femme surnommée ' la fille de l'Espagnole '. Pour survivre depuis sa cachette, elle doit apprendre à devenir une autre et à se battre. Quitte à payer le prix fort.

    Mot du libraire

    Une héroine hors norme prise dans les tourments d'un pays en crise, le Venezuela. Aux prises avec les forces qui agitent le pays aussi bien qu'avec ses démons intérieurs, elle va commettre l'impensable...  Quand le souffle romanesque et la virtuosité du style s'accordent aussi bien, c'est un réel plaisir de se laisser porter ! 

  • Plus inventive – et brillante – que jamais, Joyce Carol Oates joue dans ces nouvelles irrésistibles à imaginer les derniers jours de cinq géants de la littérature américaine. Cest ainsi que, dans Le Phare, Edgar Allan Poe, devenu gardien de phare, se retrouve sur une île déserte du Pacifique en proie à ses abominables souvenirs de souffrance et de deuil, avec pour seule compagnie celle d'un chien, témoin aussi de sa transformation en un monstre hybride, parent du " Cyclophage " né de sa démence. Grand-papa Clemens et Poisson Ange, 1906 décrit un Mark Twain obsédé par les très jeunes filles, tandis que Papa à Ketchum, 1961 raconte un Hemingway réfléchissant à son suicide. Dans Le Maître à l'hôpital Saint-Bartholomew, 1914-1916, Henry James doit pénétrer dans une salle remplie de soldats blessés et surmonter ses révulsions premières avant de s'enticher de ces " chers garçons " qu'il a toujours secrètement désirés... EDickinsonRépliLuxe fait revenir à la vie Emily Dickinson sous la forme d'une poupée androïde, un robot vivant fait sur mesure pour un couple de bobos entichés de poésie... Un prodigieux tour de force que ces histoires de folie, de désespoir, de solitude, et de frustration sexuelle, superbement tricotées par Oates dans le style même de chacun de ces cinq maîtres pourtant réputés inimitables.

    Mot du libraire

    Joyce Carol Oates imagine les derniers instants de cinq génies des lettres. Dans un brillant exercice de style, elle se fond dans ses personnages avec toute la puissance littéraire qu'on lui connait. 

  • Esther

    Olivier Bruneau

    Esther, c'est une histoire d'amour(s) au temps des robots, menée au rythme d'un polar. Un roman-plaisir à mi-chemin de Blade runner et un film de Chabrol.
    À l'occasion de la parution en poche, l'auteur a révisé le texte pour le rendre encore plus captivant !

    Anton et Maxine forment un couple sans histoires, doucement consumé par la routine. Une nuit, en rentrant d'un dîner, ils découvrent par hasard une lovebot, poupée sexuelle animée et douée d'intelligence artificielle, abandonnée aux ordures. L'irruption dans leurs vies de ce corps, programmé pour le plaisir mais martyrisé dans sa chair synthétique, va bien vite bousculer leur intimité. Mais tandis que la créature retrouve peu à peu vie et révèle des fragments de son passé, ils ne se doutent pas encore que les épreuves qu'elle a traversées la rendent exceptionnelle, et en font la proie d'une traque insoupçonnée.

    Sélection Prix Libr'à nous catégorie "Imaginaire" 2020

    Delamain aime

    Olivier Bruneau a une écriture habile et limpide et sait nous happer dans cette histoire où les personnages sont faits de chair ou de peau synthétique, de sang ou de câbles, où la frontière entre l'homme et la machine se brouille... Il explore nos désirs et frustrations avec une rare acuité. Efficace comme un polar, haletant comme un thriller, vif et sexy, mais aussi intelligent et ingénieux : quel plaisir !

  • Plus grand diplomate du XXe siècle pour les uns, personnalité à la vie controversée pour les autres, Henry Kissinger ne laisse personne indifférent. Dans ce portrait très personnel, Jérémie Gallon retrace le destin extraordinaire d'un petit garçon juif né au coeur de l'Europe, confronté dès son enfance aux horreurs du régime nazi, et qui deviendra, quelques décennies plus tard, le maître de la diplomatie américaine. Il nous guide sur le chemin qui conduit Henry Kissinger, jeune réfugié privé de tout lorsqu'il arrive à l'âge de quinze ans à New York, à devenir l'homme qui fera et défera des régimes, et redessinera les grands équilibres du monde.
    À l'heure où l'Europe fait face au retour de temps violents et dangereux, la vie et l'oeuvre d'Henry Kissinger peuvent être une boussole pour nos dirigeants. C'est en effet dans l'action et la figure de celui qui est l'héritier direct de Talleyrand, Metternich ou Bismarck, que se trouvent bien des clés pour bâtir une diplomatie européenne plus forte, seule à même de permettre à l'Europe d'être un acteur, et non pas seulement un témoin, de l'Histoire en marche.

    Mot du libraire

    Construit sous la forme d'un portrait chinois cet essai riche de détails nous montre l'un des plus grands diplomates de l'histoire. Très accessible ce texte nous dévoile les coulisses de la guerre froide et ne se cache pas d'être un véritable plaidoyer pour une Europe forte . 

  • Coup de coeur

    On sort de ce roman comme on passe une écluse : avec un parfum de rivière et d'anciennes passions qui colle à la peau. Sublime !

  • L'herbe

    Claude Simon

    « Le roman tourne autour d'une hésitation : Louise quittera-t-elle ou non son mari pour l'amant à qui elle exprime son trouble ? Cette question se double d'une autre : la vieille tante agonisante, Marie, mourra-t-elle pour de bon ? Liant une jeune et une vieille femme, ce roman situe le dilemme de son personnage central dans le cadre d'une famille déchirée. Dans l'apparente absurdité de la vie de Marie, Louise parvient à lire les signes d'un sacrifice austère. Voyage à travers le temps, l'expérience de la vieille femme s'est identifiée à celui-ci jusqu'à en devenir exemplaire. Pendant les dix jours de l'agonie de Marie, la jeune femme prend conscience de l'impossibilité de son projet : la puissance d'attraction de Marie l'oblige de rester ; tout rentre dans l'ordre. Le thème de l'Histoire intervient de manière nouvelle chez Claude Simon : la présence implicite des grands événements de l'histoire contemporaine, l'exode de 1940, l'effondrement de la France, ont à la limite moins d'importance que le passage inexorable du temps éprouvé par chacun des personnages de la fiction. Tout comme Le Vent, L'Herbe exprime un ordre des choses tout naturel que l'esprit et la volonté humains semblent impuissants à dominer. » (Stuart Sykes)

    L'Herbe est paru en 1958.

    Coup de coeur du libraire

    Lire L'Herbe, c'est entrer dans "la tiède agonie de l'été moribond"... et ne plus jamais la quitter. Une écriture lumineuse, d'une rare finesse.

  • Au gré mouvementé de l'entre-deux-guerres, dans un Paris en pleine effervescence, un privé en dehors des clous explore les coulisses de l'Histoire. Il y croisera des illégalistes, des surréalistes, des marchands de mort, des républicains espagnols, des cagoulards, des collabos... De drôles d'enquêtes dans une drôle d'époque.

    Coup de coeur

    Entrez, aux côtés d'un héros aux airs de Léo Malet, dans un Paris de l'entre-deux-guerres où s'amoncellent les cadavres... Et savourez la gouaille de l'un des grands maîtres actuels du roman noir à la française.

  • En l'an de grâce 1432, Bertrandon de la Broquère s'embarque pour ce que l'on nommait alors l'Outre-Mer, l'orient de la terre sainte. Ce qui ne devait être qu'un pèlerinage à Jérusalem va se transformer en l'un des plus étonnants voyages qu'un occidental ait entrepris dans ces régions et, surtout, en l'un des récits de voyages médiévaux les plus lumineux qui ait jamais été écrit.

    Mot du libraire

    Envoyé en terre sainte par Philippe le Bon les mémoires de Bertrandon de la Broquère sont probablement le premier rapport d'espionnage jamais écrit. Rédigé dans le but de préparer la prochaine croisade ce document exeptionnel nous en apprend énormément sur la vie à Jérusalem et en Turquie au Moyen-Age. 

  • "Il y a un âge où on ne rencontre plus la vie mais le temps. On cesse de voir la vie vivre. On voit le temps qui est en train de dévorer la vie toute crue. Alors le coeur se serre. On se tient à des morceaux de bois pour voir encore un peu le spectacle qui saigne d'un bout à l'autre du monde et pour ne pas y tomber."

    Grand Prix du Roman de l'Académie française 2000

    Coup de coeur du libraire

    Meaume, jeune graveur, a le visage brûlé à l'eau-forte par un rival amoureux. Le récit tout en clair-obscur d'une fuite dans l'art, dans la langue mélodieuse de Quignard. Sublime !

  • Le vin de Paris

    Marcel Ayme

    Un employé pauvre a le goût du vin. Mais l'époque est mauvaise, et les moyens lui manquent pour satisfaire sa passion. Un rêve traverse et hante l'une de ses nuits : de deux fontaines d'abondance le vin coule à flots. Le malheureux, poursuivi par son obsession, considère alors ses semblables sous la forme de bouteilles de vin. Il finira à l'asile d'aliénés, condamné à l'eau de Vittel.
    Tel est le sujet d'une des nouvelles de ce célèbre recueil qui comprend aussi L'indifférent, Traversée de Paris, La grâce, Dermuche, La fosse aux péchés, Le faux policier, La bonne peinture.

    Coup de coeur du libraire

    Que deviennent les gens ordinaires dans la tourmente ? Marcel Aymé a la réponse : pendant l'Occupation, Paris n'est peuplé que de sales types, de lâches, de profiteurs... On garderait de ce vin de Paris un goût amer, si on ne riait pas autant !

  • Deux copains de fac s'offrent la virée en canoé de leur rêve sur le fleuve Maskwa, au nord du Canada. Bientôt la balade contemplative tourne à la course contre la montre quand l'horizon s'obscurcit du plus dévorant des feux de forêt. Mais dans les bras et sous le règne de dame nature, une menace peut toujours en cacher une autre.
    Peter Heller met sa pratique intime de l'aventure, son sens irrésistible du suspense et sa connexion unique aux paysages au service d'une folle et sauvage équipée qui éprouve autant l'amitié sincère de ses personnages que les nerfs du lecteur.

    Mot du libraire

    Quand la nature humaine et la nature sauvage se rejoignent pour instiller le chaos dans une paisible expédition le résultat est explosif. Ce roman d'aventure est une symphonie dramatique où de magnifiques descriptions de la nature succèdent à des scènes d'une tension inouïe. Aussi captivant que dépaysant. 

  • « Je me dis que si la station-service explosait par accident, si je mourais sur mon lieu de travail et qu'un archéologue découvrait, dans cent ans, sur les ruines de son chantier, les morceaux de mon squelette d'athlète, il me déclarerait trésor national et je serais exposé au musée des Arts premiers. »

    Pour tromper l'ennui, un jeune pompiste regarde le monde passer depuis sa boutique. Tour à tour empêtré dans une histoire d'amour chaotique, organisateur d'expositions clandestines ou décodeur de messages dissimulés dans des romans par des clients-espions, le narrateur devient le héros d'intrigues déjantées.
    Dans ce récit drôle, à l'imagination débordante, Alexandre Labruffe transforme la station-service en théâtre de notre existence contemporaine.

    Mot du libraire

    D’anecdotes en aphorismes, le narrateur nous décrit le quotidien et les réflexions d’un employé de station-service pas si ordinaire, avec beaucoup d’humour… A travers son récit, il est question aussi d’Art et de la place de l’homme dans un monde qui parait se vider de sens. Un vrai plaisir à lire !

  • À l'été 1914, Jean-Marc Montjean, jeune médecin tout juste diplômé, revient s'installer à Salies, petit village du Pays basque dont il est originaire. Rapidement, il est appelé à soigner Paul Treville dont la jolie soeur jumelle, Katya, l'intrigue de plus en plus. Bien accueilli chez les Treville, le jeune homme devient un ami de la famille, qu'il fréquente assidûment en dépit d'une certaine ambiguïté dans leurs relations. Et même s'il devine derrière leur hospitalité et leurs bonnes manières un lourd et douloureux secret, il ne peut s'empêcher de tomber éperdument amoureux de Katya, quelles qu'en soient les conséquences.

    Mot du libraire

    Dans ce nouveau roman, Trevanian déroule pour nous un foulard de soie. Une intense et intrigante harmonie se dégage et nous fait sombrer dans le mystère et le trouble de cette histoire. Un scénario qui nous rappelle Zola et son "Docteur Pascal" et nous emporte jusqu'à sa dernière page !

  • Centrés sur la France, voici quatorze textes écrits entre 1925, année où Roth est envoyé comme reporter à Paris par le prestigieux «Frankfurter Zeitung», et 1939, l'année de sa mort. Quatorze instantanés, comme des photographies, des scènes saisies sur le vif, principalement dans les milieux populaires, où l'on voit tout l'art de Roth : celle de l'observation réflexive.

    Coup de coeur

    L'oeil amusé, parfois cynique mais toujours lucide du grand Joseph Roth nous dévoile dans ce petit bijou des croquis du Paris d'antan. La ville Lumière des exilés et des bannis prend vie à nouveau sous nos yeux. Le livre parfait pour s'installer à nouveau en terrasse !

  • Derrière les tubes des années 1990, devenus des hymnes (« Wonderwall », « Supersonic »...) et les frasques des frères Gallagher, réputés pour leur arrogance et leur tendance à l'auto sabordage, Oasis est avant tout un groupe qui a marqué l'histoire de l'Angleterre, aussi bien pour son impact sur la Britpop, réponse anglaise au mouvement grunge, que pour ce qu'il a représenté pour toute une génération.
    Issus de la classe ouvrière anglaise déshéritée de Manchester, marquée par la délinquance et le chômage, les membres du groupe auront symbolisé le passage de l'inconsidération à la starification pour une jeunesse abandonnée par le thatchérisme, faisant d'Oasis une aventure tout autant musicale que sociale et politique.
    Entrelaçant l'histoire du groupe et celle de la politique anglaise, Oasis ou la revanche des ploucs revient sur un moment où les espoirs d'un pays se sont cristallisés autour de la musique.

    Benjamin Durand est documentaliste d'archives audiovisuelles et historien de formation. Il est cofondateur du magazine Voxpop. Il a vécu pendant près de dix ans en Angleterre, essentiellement à Manchester.


    Nico Prat est journaliste culturel. Il écrit sur le cinéma dans Rockyrama, sur la musique pour le webzine Goûte Mes Disques, et il est également la voix de Tsugi Radio. Il a travaillé par le passé pour Libération, OCS et TF1.

    Delamain aime

    Des morceaux incontournables, deux frères insupportables, mais pas seulement. Oasis, c'est aussi un moment clé de l'histoire de la musique anglaise, ou comment un groupe de fils de prolo de Manchester a réussi à faire un bras d'honneur à une société qui ne voulait pas les voir. Ce livre, qui passionnera aussi bien les fans des frères Gallagher que celles et ceux qui baissent le son en entendant "Wonderwall", inscrit le groupe culte dans un contexte global, politique, social et culturel, et le fait avec brio !  

  • « La vie se gagne et se regagne sans cesse, à condition de se convaincre qu'un salut est toujours possible, et de se dire que rien n'advient qui ne prend racine en nous-mêmes. »

    Italie, la Basilicate, été 2005. Alors que le village de Ravina est en fête, Chiara, quinze ans, se volatilise. Les villageois se lancent à sa recherche ; les jours passent, l'enquête piétine : l'adolescente est introuvable. Une horde de journalistes s'installe dans une ferme voisine, filmant le calvaire de l'entourage. Le drame de ces petites gens devient le feuilleton national.
    Des années après les faits, Sandro, un proche de la disparue, revient sur ces quelques mois qui ont changé à jamais le cours de son destin.
    Roman au suspense implacable, L'été sans retour est l'histoire d'une famille maudite vivant aux marges du monde, confrontée à des secrets enfouis et à la cruauté obscène du cirque médiatique.

    Delamain aime

    Passionnant thriller dans un petit village italien, terre immémoriale où tous se connaissent. Dans ce monde clos prompt aux rumeurs, entre rancoeur, opprobre et loi du plus fort, sont réunis les ingrédients d'un drame inéluctable. S'installe alors une tension sourde, exacerbée par la surenchère de médias avides de faits divers (formidable satire du voyeurisme d'une certaine télévision !). Quant aux révélations successives de l'enquête, elles sont tout simplement étourdissantes ! Une langue superbe, des personnages forts et une exploration profonde, fascinante et poignante de l'âme humaine, doublée d'une réflexion sur le mal. Un récit magistral, impossible à lâcher !!

  • " Des danseurs, des marins, des écrivains, des toreros, des poètes, des artisans de l'effort, des mystiques, des ascètes, ce que vous voulez, mais pas des sportifs. Oubliez ça, le sport. "
    Olivier Haralambon, écrivain à la puissance évocatrice singulière, ancien coureur et philosophe, livre un puissant chant d'amour à la course cycliste, à rebours des idées reçues.

    " Le cyclisme, c'est le Tour de France, devant lequel vous ne cessez de vous ennuyer qu'en vous endormant. Rien de plus ennuyeux. Le cyclisme, c'est Poulidor, Richard Virenque et Lance Armstrong, ça sent le camphre et la chicorée, les fautes de syntaxe et l'EPO. À rebours de cette idée, j'aimerais ici embrasser la liste des enchantements par lesquels je suis passé, à ne fréquenter que des cyclistes pendants des années, à ne vivre que comme eux, au point d'en être devenu un, ad vitam. J'ai dû me rendre à l'évidence : les livres ne rendent pas plus malins, la course cycliste oui. La course cycliste a la vertu de vous détromper. Vous pensez sans doute que rien n'est plus simple, plus mécanique que pédaler, et qu'une course de vélo c'est Les Temps Modernes version aseptisée, clinique, sans Chaplin et sans la poésie. Vous ne soupçonnez pas qu'être fort et rouler vite sont deux choses absolument différentes. Que la pédale se recouvre, se caresse, bien plus qu'on n'y appuie. Vous les croyez des brutes, ils sont délicats comme des danseuses, subtils plus que bien des écrivains, faute de quoi ils n'avanceraient pas. "

    La presse en parle :

    " Beaucoup a été écrit sur le vélo mais jamais, nous semble-t-il, les émotions de la première sortie, le frisson de la course, l'exaltation procurée par la pente et la douleur qui remonte des jambes n'avaient été si bien interprétées, décortiquées. " Clément Guillou,
    Le Monde

    Un livre " d'une force inouïe ", " qui nous débarrasse d'énormément de préjugés ", et grâce auquel on comprend que le vélo " est le produit de la pensée, pas du sport. ", Elisabeth Philippe, La Dispute,
    France Culture

    " Un des plus beaux livres français de ces dernières années. De ces textes dont on lit deux fois chaque phrase pour renouveler le miracle. "
    Eric Naulleau

    " C'est un ouvrage sur le corps, d'une sensualité étonnante. Lisez-le ! Offre-le ! C'est vraiment un livre extraordinaire. " Delphine Bouetard (Librairie Ici Grands Boulevards), à
    La Grande Librairie

    " Gorgé de bonheurs d'écriture, Le Coureur et son ombre contient le souffle littéraire de l'indicible, du ressenti corporel rarement exprimé avec autant de justesse. " Bernard Morlino,
    Le Magazine littéraire

    " Servi par une langue époustouflante d'exigence et de précision, Le Coureur et son ombre raconte l'aventure d'un homme magnifiquement "infirme de sa distance au monde". " Estelle Lenartowicz,
    Lire

    Mot du libraire

    Merveilleux récit qui évoque aussi bien les premières courses amateurs au petit matin que l'euphorie provoquée par les produits dopants. Un très bel hommage à l'effort physique unit à la mécanique, à l'ivresse de la route et à la recherche de l'apesanteur. 

  • La mule que Leonardo tient par la bride trébuche, s'ébroue et souffle. Depuis qu'ils ont passé Lyon, la route est à la fois plus fréquentée et plus facile. Il n'empêche que deux mois de voyage ont fatigué les bêtes et les hommes aussi.
    ' J'étais encore dans l'atelier de Verrocchio, à cette époque, commence Leonardo. Je m'en souviens comme si c'était hier... '

    D'Homère à Picasso et Lee Miller, de l'Antiquité au XXIe siècle, du Japon à l'Amérique en passant par l'Europe, vingt et un artistes vivent sous nos yeux un tournant dans leur existence, un moment décisif pour l'élaboration de leur oeuvre.

    Dans la lignée de son précédent ouvrage Vincent qu'on assassine, consacré aux deux dernières années de la vie de Van Gogh, l'auteur montre à travers ces nouvelles les plus grands créateurs aux prises avec les instants qui scellent leur destin.

    Delamain aime

    L'idée de ce livre est la plus vertigineuse qui soit : mettre au jour le mystère de la création et ceux qui la font advenir. Marianne Jaeglé saisit prodigieusement cet instant qui tient du miracle pour un artiste, le moment charnière, celui où tout bascule ; non pas l'inspiration mais la révélation, la compréhension supérieure des choses. On accompagne ainsi les plus fascinants d'entre eux aux prises avec une œuvre, une décision ou un souvenir fondateurs. Le résultat est extraordinaire : des concentrés de profondeur, véritables bijoux ciselés comme autant de subtiles miniatures. Avec en prime une langue superbe, propre à chacune des nouvelles. C'est brillant et sensible, on ne peut que succomber à un tel délice de lecture !

  • Un an après L'Amour sous algorithme, qui lui a valu le titre de « la Française qui a défié Tinder », Judith Duportail se sent trahie par sa propre science. Ses analyses et conclusions ne l'empêchent pas, elle aussi, de souffrir des « incivilités affectives » de notre époque (du ghosting, à l'orbiting, et autres cruautés désinvoltes 2.0), et de traverser un burn-out émotionnel à force de luttes et d'errance dans le monde post-Tinder. Elle s'impose alors une « pause » affective pour reprendre son observation des relations amoureuses contemporaines et nous entraîne dans une (en)quête des liens et relations humaines à l'heure de la fin programmée de l'amour. Au-delà même de la problématique des applications de rencontre ou des réseaux sociaux, comment concevoir aujourd'hui le couple quand on appelle à le déconstruire ? Comment, concrètement, faire respecter ou tout simplement penser son consentement ? Ou même construire des relations égalitaires dans l'intimité quand notre société ne l'est pas encore ? 
    Dans un récit intime où le particulier touche à l'universel, Judith Duportail se met à nu et s'observe avec franchise, exi-gence et émotions. Croisant analyses sociologiques, anecdotes et confidences, elle s'empare d'un phénomène affectif contemporain encore trop peu exploré et pose des mots sur les maux amoureux de toute une génération.  

    Delamain aime

    Une réflexion aussi personnelle que pertinente sur les nouveaux rapports amoureux, à l'heure où on l'on confond célibat et solitude et où les appli de rencontres sont incontournables. Judith Duportail traduit avec brio les questionnements de la génération Tinder !

  • « J'ai conçu Canoës comme un roman en pièces détachées : une novella centrale, "Mustang", et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d'un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d'échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, quand son timbre s'use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise, quand une messagerie ou un micro vient filtrer leur parole, les enregistrer ou les effacer. J'ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d'un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes - des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l'espace. Surtout, j'ai eu envie d'aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au plus juste, de trouver un "je", au plus proche. »
    (M. de K.)

    Mot du libraire

    Maylis de Kerangal a vraiment été touché par la grâce. En quelques mot le décor est planté, son écriture nous saisit et nous sommes pris dans cette atmosphère si particulière. Plus qu'un recueil c'est un véritable bouquet où chaque histoire se répond et vient faire écho aux autres. C'est brillant et émouvant.

  • Truffée de dialogues truculents, l'écriture pleine de vivacité de ce roman plante à la perfection ses personnages. Nino, dix-neuf ans, raconte ses galères pour survivre sans argent à Paris. Amoureux de Lale, il voit son couple menacé par la pauvreté, contre laquelle il essaie coûte que coûte de lutter sans perdre sa volonté de vivre. C'est une vie de débrouille ponctuée de fêtes, celle d'une jeunesse qui cumule les petits boulots et les trafics en tout genre. Les réflexions et observations pleines d'acuité de Nino sur ce qui l'entoure esquissent le portrait d'une génération qui tente de trouver sa place dans un monde où il n'y en a plus, d'envisager un avenir. Contre l'accablement, la fureur de vivre anime les personnages de cette fresque nocturne mouvementée, fidèle à notre époque.

    Simon Johannin a grandi dans l'Hérault. À 17 ans, il suit des études de cinéma à l'Université de Montpellier, qu'il déserte rapidement. Il travaille en intérim puis vend des jouets, avant d'intégrer l'atelier d'espace urbain de La Cambre à Bruxelles, de 2013 à 2016. Son premier roman L'Été des charognes paraît en 2017. Quant à Nino dans la nuit, il résulte d'une collaboration avec Capucine Spineux, cerveau de la désertion initiale et de la route suivie depuis par les deux.

    Mot du libraire

    Dialogues caustiques, soirées endiablées, galères économiques et traffics illicites... Nino dans la nuit est un roman brillant tant dans sa forme que dans son analyse des déboires de la jeunesse d'aujourd'hui. Un texte unique.

  • Armino est guide touristique dans l'Italie des années soixante. Un jour, au cours d'une visite, il croise une vieille femme en qui il pense reconnaître une domestique qui s'occupait de lui enfant. Le lendemain, celle-ci est retrouvée assassinée. Armino décide alors de retourner à Ruffano, sa ville natale, pour vérifier ses intuitions. Jadis, quelque cinq cents ans auparavant, cette cité fut gouvernée par les Malebranche, et en particulier par le duc Claudio, surnommé le Faucon, qui la soumit à une terrible tyrannie. À l'arrivée d'Armino, Ruffano s'apprête à célébrer son célèbre festival, lors duquel un événement historique est reconstitué avec le plus de réalisme possible. Cette année, le thème en est la révolte populaire qui mena à la mort de Claudio. Mais tandis les festivités approchent, des menaces du passé refont surface...
    Enquête familiale, suspense virtuose au temps de la Renaissance, Le Vol du Faucon nous plonge dans un monde empreint de mystère. On y retrouve la plume envoûtante et la grande finesse psychologique de l'auteure de Rebecca.Traduit de l'anglais par Maurice Bernard Endrèbe.

    Mot du libraire

    Daphné Du Maurier place l'intrigue de ce roman dans une splendide ville médiévale du nord de l'Italie. Tension dramatique, drame familial et intrigue psychologique tous les ingrédients sont là pour passer un excellent moment de lecture !

  • «  Après les attentats de 2015, la laïcité fut invoquée et convoquée. Dans les collèges et lycées du pays, le élèves furent rassemblés et des leçons de laïcité leur furent administrées. Après l'horrible assassinat de Samuel Paty, les enseignants ont de nouveau été instruits d'informer leurs élèves sur la laïcité. Le drame est qu'ils se sentent tout autant démunis qu'il y a cinq ans, car la laïcité souffre d'une double ignorance. D'abord ceux qui lui sont attachés et sonnent parfois l'alarme, rendent sa défense impossible, faute d'arriver à la définir simplement et clairement. Du coup, elle est perçue par d'autres comme un catéchisme répétitif, un corset vide de sens, voire comme un régime de discriminations, c'est-à-dire rien de ce qu'elle est... La laïcité, qui permet aux croyants et non croyants d'être libres et égaux en droit, est au coeur de l'identité française. Mais la majorité des Français ne sont pas à même de la définir. Ils ne sont pas capables d'expliquer à leurs enfants, à leurs amis, à leurs collègues, comment elle vit en droit et en pratique. De la Laïcité offre pour la première fois et pour tous publics, une définition et une explication fondées sur le droit et sur l'histoire. Son appropriation par le plus grand nombre des citoyens est le premier instrument de sa défense efficace et légitime.  »Patrick Weil

    Delamain aime

    Un ouvrage concis, limpide et neutre sur la laïcité en France. C'est ce qu'il nous manquait pour y voir plus clair sur ce sujet complexe !

  • Anthropologie de l'inceste
    Tous les jours, près de chez vous, un bon père de famille couche avec sa petite fille de neuf ans. Ou parfois elle lui fait juste une petite fellation. Ou c'est une grande soeur avec sa petite soeur. Dans cette anthropologie de l'inceste, Dorothée Dussy se penche sur les mécanismes complexes par lesquels l'inceste est couramment pratiqué dans l'intimité des foyers français.
    À la faveur du réel, et de la banalité des abus sexuels commis sur les enfants, l'inceste se révèle structurant de l'ordre social. Il y apparaît comme un outil de formation à l'exploitation et à la domination de genre et de classe. Cinq ans d'enquête ethnographique sont restitués dans ce livre : un voyage subversif au coeur de familles que rien, ou presque, ne distingue des vôtres.
    Préface de Charlotte Pudlowski

    Delamain aime

    Un livre percutant, enfin réédité, sur un tabou présent bien plus qu'on ne peut l'imaginer dans notre société.  À lire absolument !

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